Humeur

Ambiance diy* au parc Maximilien

*diy : Do It Yourself, fais le toi même, une expression qui correspond exactement au mode de fonctionnement éphémère du parc.

 

J'hésitais un peu à poster ces photos, mais ma soeur m'ayant demandé d'écrire un petit texte sur ce qui s'est passé au parc Maximilien, je poste le tout ici.

 

Pas facile de parler de l’expérience du parc Maximilien tant la déception a été grande que le démantèlement de celui-ci se fasse aussi rapidement et avec si peu de réflexion (du jour au lendemain l’ensemble du parc a été évacué, et les structures construites ont été détruites par la commune). Mais que cela n’empêche pas d’évoquer la formidable expérience menée pendant plusieurs semaines là-bas.

La première fois que j’y suis allé, j’avais un peur d’être voyeuriste, de ne pas avoir ma place, de découvrir des choses difficiles. C’est régulièrement comme cela que ça se passe : par peur de mal faire, on ne fait rien. On se protège. On se donne des excuses. On se couvre. On veut éviter de voir le malheur des autres. Mais avec un peu de courage on se rend compte que ça vaut le coup de dépasser cela.

Arrivé sur place quelques jours après le début des opérations, j’ai assisté à la naissance d’un véritable petit village autogéré. Une ruche foisonnante de gens de toutes origines et milieu sociaux. Rassemblés autour d’un même objet : rendre un peu moins indigne le sort de familles ayant fui la guerre dans leur pays et devant dorénavant affronter l’administration et ses longues files d’attente. Familles dont le gouvernement a refusé de s’occuper, les plaçant dans une délicate situation de non droit.

Alors les citoyens ont pris le relais. On a monté des tentes, tendu des bâches, préparé à manger, organisé des activités pour enfants, trié des vêtements. Au début c’était un immense bazar à ciel ouvert. Mais petit à petit  le chaos s’est organisé. Chacun apportant des solutions concrètes (et pratiques) aux problèmes rencontrés, au delà des gueguerres politiques, dogmatique et religieuses.

Travailler ensemble autour d’un objet concret est la meilleure manière -d’après moi- d’avancer ensemble et d’éviter une bonne part des écueils qui sont les lots de ce genre d’entreprise humaine. Et ça marche. Au plus fort du camp, 800 repas étaient proposés matin, midi et soir pour un nombre identique de logements sous tente, de bien de première nécessité et de vêtements. Un cinéma en plein air a été ouvert, une école de fortune pour les enfants et les adultes proposait des activités diverses, le tout sans discrimination d’origine ou de situation (les sdf, sans papiers, ou tout qui le demandait étant également accepté pour les repas).

Preuve si il en est que quand les citoyens se mettent ensemble, des actions extrêmement puissantes peuvent se mettre en place.

 

Et si on profitait des nouvelles conditions de facebook pour foutre le camp ?

Facebook a annoncé de manière plus ou moins discrète (une notification aux utilisateurs) ses changements de condition d’utilisation. A partir de janvier, si vous continuez à utiliser le service on peut faire de la pub personnalisée à partir de vos donnée bla bla bla, mais ne vous inquiétez pas bla bla bla.

Korben propose une explication du problème "Facebook" sur son wiki

Ça commence à faire beaucoup, alors si on en profitait pour se barrer?

Ce qui nous retient sur Facebook, ce sont les amis, les gens, les infos que l’on a pas envie de perdre. Mais si une partie suffisante des gens change de système, les choses peuvent peut être bouger.

 

Quelle alternative?

Je vous propose de passer sur diaspora*, une sorte de facebook au niveau des fonctionnalités mais qui repose sur trois principes fondamentalement différents :  

  • décentralisation : vous ne dépendez pas d’une boite basée aux états unis, vous choisissez votre fournisseur (comme pour les boites email, on va chez qui on veut).

  • liberté : vous pouvez être qui vous voulez, sans devoir communiquer votre véritable identité, et vous pouvez communiquer avec qui vous voulez.

  • confidentialité : vous êtes propriétaire de vos données, vous pouvez les reprendre avec vous à tout moment ou les retirer du net.

 

Quel fournisseur choisir?

Là, chacun fait comme il veut, il en existe toute une série dont la liste est ici : http://podupti.me/

Pour le moment je suis chez framasphere, qui est géré par Framasoft  une association française dont un des objectifs est la défense des utilisateurs d’internet. Difficile de trouver meilleure protection.

Monsieur Mondialisation en propose également un ici : https://mondiaspora.net/

 

Pas besoin de trop se casser la tête dans le choix du fournisseur: vu que vous pouvez reprendre vos données, vous pourrez à tout moment déménager ailleurs (voire un jour devenir votre propre fournisseur si vous avez le temps et les compétences). Je vous propose ces deux-ci parcequ’ils sont européens et proches de nous.

Détail important : les utilisateurs peuvent communiquer entre eux peu importe leur fournisseur. Comme avec les mails, oui oui...


 

Mais je n’ai pas envie de perdre mes amis!

Rien ne vous oblige à quitter facebook du jour au lendemain.

Mais faisons au moins le test, si chacun se crée un compte diaspora*, on verra bien si ça marche. Si personne ne bouge évidemment…

De plus, il y a moyen de connecter son compte diaspora à facebook, de manière à publier sur facebook ce que vous mettez sur diaspora. Dans ce cas évidemment, quel avantage? L’avantage c’est qu’on essaye de se désintoxiquer de facebook, et utiliser un autre outils qui nous éloigne de facebook est un bon début.

 

Pour ma part, je vais garder les deux système en parallèle, tout publier sur le deux, et voir ce qu’il se passe.

 

En résumé :

  • Allez sur Framasphere vous créer un compte

  • Ajoutez quelques mot clés (des hashtags) si ça vous chante

  • Essayez de me trouver que l’on reste en contact : philippejadin@framasphere.org

  • Postez un message sur facebook comme quoi vous êtes maintenant sur un deuxième réseau social, ouvert et libre !

  • Je m'engage à aider qui le souhaite à faire la transition (dans la mesure de mon temps disponible)

De la quasi impossibilité de mesurer le retour sur investissement de la publicité

Voilà une recherche intéressante, intitulée "On the Near Impossibility of Measuring the Returns to Advertising"

 

C'est très mathématique, et ça fait 44 pages, mais en résumé, les chercheurs se sont rendus compte que le "bruit" dans les chiffres est tellement important qu'il est impossible de faire un lien entre investissement dans la pub et augmentation des profits.

A lire ici : http://justinmrao.com/lewis_rao_nearimpossibility.pdf

De l’influence des choix technologiques sur la vie administrative, et plus généralement, la société.

Quelques concepts informatiques qui peuvent aider dans le quotidien du travail.

On parle régulièrement de remettre de la créativité dans le travail et de la difficulté de responsabiliser les travailleurs. Chacun y met du sien, “il faudrait que tout le monde puisse participer”, “écouter ceux qui sont sur le terrain”, “récolter les expériences”, “simplifier les procédures”, “réduire la lourdeur administrative”, etc...Une question se pose dès lors : si tout le monde (usagers, collègues, directeurs...) trouve que ces concepts relèvent d’une bonne idée, comment éviter que la technologie ne freine leur application?

Je ne parlerai ici que de ce que j’ai déjà pu remarquer dans mon domaine, à savoir les technologies de l’information, internet, l’informatique en général dans le secteur public. Cette analyse cadrée dans le domaine des nouvelles technologies est certainement parcellaire, mais j’ose espérer qu’elle est exemplative d’une manière de fonctionner.

Il me semble important de réfléchir à l’impact que les choix techniques ont sur nos modes de fonctionnement. Et en quoi brider ces outils ou faire des choix techniques peu judicieux va à l’encontre de cette envie de mettre la créativité et la responsabilité au centre du travail. Car d’une part ces outils font partie intégrante du quotidien administratif et que d’autre part la théorie de la communication nous apprend que le canal de communication est intimement lié au message exprimé.

Les technologies de l’information sont depuis quelques années les précurseurs de concepts qui progressivement se distillent dans la vie de tous les jours. Ce qui à un moment donné semble être utopique, révolutionnaire, inconcevable, devient quelques années plus tard la norme. En observant les nouvelles tendances issues du monde technologique, le service public peut gagner du temps, du crédit face aux usagers, et parfois même de l’argent. Les quelques concepts ci-dessous, issus des tendances récentes au niveau informatique, sont mis en parallèle avec le monde du travail.

Service public = open source

Un logiciel libre (ou open source) est un programme dont les méthodes et techniques de conception sont accessibles et modifiables par tous. Il accorde quatre droits fondamentaux aux utilisateurs:

  • le droit de l’utiliser sans restriction d’usage,
  • le droit d’en étudier son fonctionnement grâce à sa recette de fabrication (son code source) disponible,
  • le droit de distribuer à ses proches ou à tout autre personne,
  • le droit de le modifier pour l’adapter à ses propres besoins[1]

Il n’est sans doute pas nécessaire de rappeler l’intérêt et la logique d’utiliser des logiciels libres dans un cadre de service public, d’autant que cet intérêt a été confirmé par la déclaration de politique communautaire[2].

En plus des arguments cités dans ce document, citons les intérêts en terme de simplification des appels d’offre, de pérennité des choix techniques, d’indépendance face aux prestataires.

Transparence de l’administration = Open data

“Une donnée ouverte est une donnée numérique, d'origine publique ou privée, publiée de manière structurée selon une méthodologie qui garantit son libre accès et sa réutilisation par tous, sans restriction technique, juridique ou financière. L'ouverture des données (en anglais open data) représente à la fois un mouvement, une philosophie d'accès à l'information et une pratique de publication de données librement accessibles et exploitables”.[3]

On peut voir aisément l’intérêt d’une telle approche. Mettre en ligne un ensemble de données, librement et sans restriction, rentre directement dans l’idée de fournir un service public plus transparent. Qu’il s’agisse de compte rendus de réunions parlementaires, des chiffres clé de l’enseignement, de la répartition des écoles par arrondissement, des annuaires en tout genre, il y a probablement quelqu’un, quelque part, qui pourra faire un usage novateur de ces données si nous les rendons plus accessibles. Qui sait si un citoyen ingénieux ne proposera pas un jour une méthode de répartition des élèves en fonction des données géographiques et démographiques qui permettrait de rendre le “décret inscription” plus oppérant?

On pourrait sans doute argumenter que des données générées à l’aide de financement publics devraient de facto être publiques. Il en va de même pour la recherche scientifique, mais c’est probablement un autre débat.

Logique participative des bénéficiaires = user generated content (contenu généré par les utilisateurs)

“Le contenu généré par les utilisateurs (en anglais User generated content, ou UGC) se réfère à un ensemble de médias dont le contenu est principalement, soit produit soit directement influencé par les utilisateurs finaux. Il est opposé au contenu traditionnel produit, vendu ou diffusé par les entreprises de média traditionnelles.”[4]

Prendre le “risque” de faire participer les bénéficiaires, est souvent très bénéfique pour une institution. Elle s’ouvre la possibilité de recevoir des usagers du contenu, parfois de qualité, souvent corrigé par les pairs (wikipedia en est un bon exemple) à moindre frais. La question des licences a été réglée depuis longtemps dans le cadre des logiciels libres, et ces licences sont désormais adaptées à un usage plus large.

Logique participative des employés = crowd sourcing internalisé

Le crowdsourcing (en français collaborat1 ou externalisation ouverte2), un des domaines émergents de la gestion des connaissances, est l'utilisation de la créativité, de l'intelligence et du savoir-faire d'un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.[5]

Extension du principe précédent, les principes de crowdsourcing pourraient tout à fait être appliqués au travail en interne. Combien de fois un service ne lance-t-il pas une initiative intéressante, pour se rendre compte plus tard qu’un autre service a déjà mis en place une autre solution qui fonctionne? En fédérant les idées, en rendant celles-ci disponibles sur la toile, un projet pourra être commenté, amélioré, réutilisé par d’autres services, et pourquoi pas, par d’autres administrations.

Un exemple concret : mise en place d’une photothèque

Admettons que plusieurs services veuillent partager des sources photographiques afin d’illustrer leurs sites web, leurs brochures, etc.

Si ce cas de figure se présente régulièrement, et afin de pérenniser le matériel photographique fourni par les différents services, il serait intéressant de mettre à disposition une photothèque au sein d'un groupe de travail.

  • afin de limiter les coûts et risque d’implantation, une solution open source pourrait être envisagée. Le choix de l’open source pourrait même être un impératif si on est d’accord avec l’idée que cette collection de photos doit pouvoir être exploitable librement par le groupe de travail sans dépendre d’un fournisseur de solution logicielle.
  • au niveau des droits d’accès : liberté à chacun d’alimenter la photothèque avec des photos (issues des activités du service ou autre, par exemple issues d’une pratique personnelle). On garde la trace de qui fait quoi sur le système. Les utilisateurs s’engagent à respecter les règles du jeu (entre autre : avoir les droits des images, et le respect du droit à l’image des personnes représentées)
  • liberté à tout service d’utiliser ces photos sans devoir rendre des comptes, vu que l’usage rentre dans le cadre défini du travail.

On voit avec cet exemple l’importance de proposer un système le plus ouvert possible si on veut encourager la créativité des emplyés et des services. On peut également en déduire que ce type de fonctionnement permettrait de responsabiliser les utilisateurs.

Conclusion

Le choix des outils a une influence sur le respect de la notion de service public. Les outils basés sur les concepts d’open source, d’économie contributive, et d’open data sont à privilégier dans bien des situations. Ce ne sera pas obligatoirement plus facile, mais nous sommes là face à une obligation morale voire légale, qu’il serait dommage de ne pas respecter, ne serait-ce qu’au nom de la créativité.

Ces concepts ne sont pas des idées isolées défendues par des hurluberlus. Au mois de mai 2013, 70% des sites internet utilisent un serveur issu de la communauté open source[6].

 

 


[1] Définition fournie par l’April, www.april.org

Standards ouverts et papier toilette.

Sur mon lieu de travail on peut estimer qu’il y a environ 300 toilettes.

Ce n’est pas rien, il faut dire qu’il y a pas mal de monde qui travaille chez nous.

Il y a quelques mois maintenant, nous avons été surpris au boulot de voir un tandem de techniciens changer systématiquement tous les systèmes dérouleurs de papier toilette. Cela a pris pas mal de temps, on entendait des bruits de foreuse à chaque toilette pendant 1 ou 2 minutes et puis ils passaient à la suivante.

Qu’ont-ils installé exactement? Ceci :

Cette superbe machine est un distributeur lotus professional smartone.

On peut se demander ce qui a bien pu motiver un tel remplacement? Le site du fabriquant annonce bien une économie de papier toilette (ce dont je doute au plus au point), et certains ont laissé entendre que c’est pour éviter le vol (dont la prévalence est difficilement évaluable de toute façon). N’étant pas dans le secret des dieux, je n’aurai jamais la réponse.

On peut cela dit tirer quelques enseignements de ce petit fait divers administratif.

Tout d’abord ce système a été choisi par appel d’offre, c’est donc normalement le moins cher qui a été sélectionné, du moins au niveau de la machinerie (en plastique), il faudra voir au niveau des consommables.

Les rouleaux utilisés sont strictement vendus par la marque lotus, le système de distribution du papier étant breveté. Et ce n’est pas un système si simple qu’il n’y parait : le papier passe à travers une ouverture au diamètre et au matériau soigneusement étudié pour laisser passer le papier et permettre qu’il se déchire au niveau des pointillés. Pas avant sa sortie (il se casserait dans la machine), pas après (les utilisateurs consommeraient trop de papier). Les rouleaux eux mêmes se dévident de l’intérieur et pas de l’extérieur.

On peut considérer que ces distributeurs de papier toilette sont “propriétaires”, à savoir brevetés et liant l’acheteur légalement, éternellement et sans recours, à la marque qui fabrique la machine pour ses achats futurs de papier toilette.

Comparons maintenant l’ancien système, celui des simples rouleaux que tout le monde utilise chez lui.

Ces rouleaux sont de taille standard (on peut dire que les dimensions sont implicitement dans le domaine public), on connaît grosso modo la taille minimum et maximum d’un rouleaux, ainsi que le diamètre intérieur. Ceci permet d’acheter n’importe quel distributeur de papier et plus important, n’importe quel type de papier toilette.

Ainsi, si un fournisseur de papier est en faillite, on peut acheter le papier ailleurs. Si on souhaite acheter du papier bio, on peut. Aucun fournisseur n’a le monopole de nous vendre son papier a un prix supérieur ou de brusquement augmenter des prix sous prétexte qu’il est le seul à le vendre. Nous pouvons négocier le prix à tout moment. En cas de rupture de stock, on peut toujours aller au petit magasin du coin pour acheter quelques remplacements de première nécessité. Il ne faut pas de personnel spécifique ou de contrat de maintenance pour remplacer les rouleaux.

Bref, on est libre de faire ce que l’on veut avec les rouleaux classiques.

Et malheureusement, en utilisant un système non standard, propriétaire, on perd toutes ces libertés.

Ce type d’argumentation est tenu depuis longtemps par les adeptes de l’open source et des standards ouverts (dont on peut lire une définition ici et consulter le site de l'Open Knowledge Foundation pour plus d'infos). Ce qui est valable pour le monde des logiciel informatique l’est aussi pour le monde des objets. Tenir compte de cette donne lors des achats (et donc de la rédaction des cahiers de charge) permettrait d’économiser pas mal d’argent. L’exemple anodin du papier toilette en est la preuve. Je fais le pari que dans 10 ans il ne sera plus possible d’acheter les rouleaux lotus smartone, et qu’il faudra remplacer les distributeurs… par les bon vieux dérouleurs de papier?

 

Illustration par Elya (creative common) et Lotus (surement protégé) 

Wow, j'ai un job à la con

On a pu lire dernièrement quelques article sur les “bullshit jobs” (ou “boulot à la con” en français)

Il s’agit de métiers dont ceux qui les exercent savent pertinemment qu’il ne servent à rien.

Beaucoup de gens semblent s’y retrouver, l’article ayant un certain succès : il a été traduit dans plusieurs langues et est partagé à toute vitesse sur les réseaux sociaux. Ironie du sort, les personnes partageant l’article sur facebook pendant les heures de travail sont les plus à risque d’être dans la catégorie de ceux qui exercent un boulot à la con.

L’article en question parle principalement du monde de l’entreprise. Malheureusement, il semble que cette vague de boulots créés à des fins inutiles contamine aussi les administrations et services publics.

 

Le selor entre en scène

En parallèle, je découvre que le Selor (encore lui) a lancé le site www.jesuiswow.be, site destiné aux fonctionnaires désirant savoir si il sont wow ou pas.

Le fonctionnaire new wow c’est qui? Il s’agit de celui qui pratique la new way of working, la nouvelle façon de travailler.

Je n’ai pas trouvé beaucoup de références sur internet de ce “concept”, à part quelques pages fumeuses et un site qui tente de vendre un livre fumeux lui aussi vantant la méthode.  )

Si on en croit ce jeu, la journée type du fonctionnaire c’est tourner en rond dans un open space, lire des mails, trier des listes par ordre alphabétique, essayer d’augmenter le chiffre d’affaire, faire des réunions marketing, organiser des goûters d’anniversaire, faire des brainstorming, organiser la prochaine activité de teambuilding, faire des propositions pour réduire l’utilisation du papier dans le service, jouer à oxo par chat, et j'en passe...

Ce qui est amusant avec ce jeu, c’est qu’il est auto référentiel puisque probablement les agents du selor, pour calmer leur ennui mortel se sont dit qu’ils allaient (faire) réaliser un petit jeu vidéo parlant de leur job et donc de leur ennui.

Ce qui est nettement moins marrant, c’est de se dire que l’organisme chargé de l’engagement du personnel de service public a une image totalement “bullshit” du travail de fonctionnaire. Ce jeu en est la preuve criante. Celui qui se risque à passer un examen du Selor aura confirmation de ce que l’on attend de lui.

Certaines voix se font entendre pour dénoncer une dérive qui s'opère dans les administrations : elles ne joueraient plus leur rôle de support qu’un service public doit apporter. Support au public (dans ses démarches administratives par exemple), support aux professionnels (création de lien, information, formation, mutualisation des outils et des connaissances), support aux collègues (pour créer ensemble une institution avec ses positions et ses idées).

Mais quand le support ne supporte plus rien, quand ceux qui sont censés aider ne font que rajouter une couche d’abstraction à un shcmilblick déjà compliqué, on entre dans l’ère “bullshit”.

Une ère nauséabonde, remplie de procédures de plus en plus absurdes, de délégation des responsabilités, de réunionite suraigüe, de paperasse électronique (pire encore que le papier car instantanée et sans limite), d'abstraction de la réalité de ceux qui font un travail “utile”, d’un ralentissement sans fin des procédures du à leur complexification et paradoxalement causé par l’accélération des échanges électroniques. Une période où sous-traitance et consultance ont pris la place de la connaissance et de l’engagement.

Finalement celui qui, fonctionnaire ou non, ayant un boulot à la con, et donc ayant du temps à jouer à des jeux sur le temps de boulot, pourra toujours se consoler en se disant qu’il n’est pas le seul.
Ah non, pardon, ce jeu est destiné aux chômeurs qui ont le temps...

 

Les pierres bleues

Depuis plusieurs années en Belgique, des centaines d'Afghans vivent une vie de demandeurs d'asile.
La raison en est simple et forte: leur pays en guerre depuis plus de trente ans est devenu trop dangereux que pour y envisager un avenir.

Alors que jusqu'en 2010, la Belgique n'expulsait pas vers l'Afghanistan, les réponses politiques aux demandeurs d'asile sont nettement plus pessimistes depuis: 40 % des demandes d'asile ont été déboutées, des expulsions ont été organisées, les familles ne reçoivent pas de titre de séjour, les situations spécifiques des femmes et enfants ne sont pas prises en compte, les centres pour réfugiés sont vidés depuis juillet dernier par la secrétaire d'état à l'Asile, à l'Immigration et à l'Intégration sociale Maggie De Block.

Plus de 120 afghans ont décidé de se regrouper afin de montrer le caractère collectif de leurs revendications.

Après de multiples occupations à Bruxelles, nous les avons rencontrés dans la dernière en date, l'église du Béguinage. Dormant à même le sol, des familles tentent de résister au froid, en l'attente d'une réponse positive d'un gouvernement qui se montre très absent sur la question.

A l'heure d'aujourd'hui, quatre belges ont entamé une grève de la faim pour les soutenir.

Une présentation très bien faite de la problématique :
issuu.com/occupybrusselsbelgium/docs/we_want_justice__2_/1?e=10152793/5924331

Signez la pétition :
secure.avaaz.org/fr/petition/Gouvernement_belge_Soutien_aux_revendications_des_refugies_Afghans/?tGwHrgb

Site internet :
450afghans.owlswatch.net/

Facebook :
facebook.com/AfghansDuBeguinage

Actiris se lance dans la télé réalité

Si vous avez la chance d’être inscrit chez Actiris comme demandeur d’emploi, vous avez sans doute reçu le mail reproduit ci-dessous :

 

La RTBF lance un appel à candidature pour sa

nouvelle émission sur l'emploi  :

 

 

 

 

 

Je veux ce

 

 

 

Joooooob!

 

Vous ne cessez de postuler mais les portes se ferment systématiquement ?

Alors ceci est pour vous !

 

Aujourd'hui, envoyer un CV est souvent loin d'être suffisant pour se faire engager. Il faut parfois employer tous les moyens pour intéresser un chef d'entreprise et trouver le travail de ses rêves.

Cette nouvelle émission s’intéressera au destin de deux candidats qui doivent relever un défi de taille pour séduire et convaincre un futur employeur.

Nous recherchons donc avant tout des personnalités : hommes et femmes, de tout âge, dans tous les secteurs d’activité. Ce qui est primordial, c'est la motivation et l'ambition.

Si vous correspondez à ce profil, contactez-nous à l'adresse suivante jvcj@ebuco.be

 

Actiris, au coeur de l'emploi


 

Actiris, aidé par la RTBF et une boite privée, se lance dans la télé-réalité et fait un casting de candidats chômeurs qui cherchent désespérément un emploi.

 

On peut se demander à quel titre Actiris et la RTBF se lancent dans une telle entreprise. Ou dans quelle mesure cela relève du service public.

Bien entendu, nous ne saurons jamais qui a été à l’initiative de cette brillante idée. Tout ce que l’on peut dire, en lisant le mail envoyé, c’est que le concept, foireux d’avance, risque de donner un résultat affligeant.

Surtout quand on lit :
Il faut parfois employer tous les moyens pour intéresser un chef d'entreprise et trouver le travail de ses rêves”.
Quels moyens exactement ils ont en tête, et comment cela pourra se traduire à la sauce téléréalité est un exercice laissé au lecteur. Nabila chez Caterpillar? Mario chez Mital? Jean-Pascal à la maison communale?

Ou encore :

Nous recherchons donc avant tout des personnalités : hommes et femmes, de tout âge, dans tous les secteurs d’activité. Ce qui est primordial, c'est la motivation et l'ambition.
Ah, effectivement, hommes et femmes, de tout âge et de tout secteur est une excellente définition de la personnalité. De toute façon, ce qui compte surtout, c’est la motivation et l’ambition. C’est à dire avoir les dents bien longues et bien aiguisées pour se défendre dans l'arène de la recherche d’emploi.

Et enfin : “Cette nouvelle émission s’intéressera au destin de deux candidats”. Ou comment avouer à demi-mots que la recherche d’emploi est dorénavant une affaire de chance, de destin, de hasard en somme.

Quel message fait-on passer avec ce genre de projet? Il y en a plein, et il n’y en a aucun qui me plait :

  • Actiris sort complètement de ses missions en devenant partenaire d’un projet télévisuel qui crée de la confusion en mélangeant réalité et fiction. Passe encore quand il s’agit de faire du karaoké ou de glander dans un loft, mais quand l’enjeu c’est de faire jouer la comédie de la recherche d’emploi dans un contexte complètement bouché, la pilule ne passe pas.
  • Une boite privée arrive à convaincre un service public de jouer avec la précarité des gens dans un climat de recherche d’emploi plus que tendu.
  • Ce même service public semble trouver tout à fait normal d’utiliser sa base de donnée pour faire un mailing qui propose un casting pour participer à une émission télé.
  • Le produit est tellement sous traité que ni la rtbf, ni actiris ne vont se salir les mains à faire le casting, ce sont les employés de la boite privée qui vont s’en charger, ils ont l’habitude.
  • Et enfin, la rengaine habituelle mais néanmoins consternante : la rtbf n’est plus capable (depuis longtemps) de produire elle même des émissions de qualité. Elle sous-traite, avec comme résultat probable des sous-produits.

Alors que le climat est de plus en plus difficile pour les chercheurs d’emploi, qu’Actiris va reprendre les missions de contrôle de l’onem, cette décision de lancer une émission de téléréalité est particulièrement de mauvais goût.

 

Updates :

http://annelowenthal.wordpress.com/2013/06/30/decence-2-actiris-la-rtbf-et-le-destin/

http://blog.smartbe.be/actiris-rtbf-je-veux-ce-joooooob/

http://rtbf89.blogspot.be/2013/07/je-veux-ce-joooooob-combat-de-pauvres.html

 

Robots faiseurs de pâtes et Real Humans

Je voulais parler d'une série qui passe pour l'instant sur arte, Real Humans, qui parle d'un monde où les robots sont devenus monnaie courante et dont l'existence pose une série de problèmes éthiques (un article sur Slate ici : http://www.slate.fr/life/70345/real-humans-risque-rupture-loi-robotique) .

Puis aujourd'hui je tombe sur ceci : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ukNkCnNJuR8

Un restaurateur chinois a inventé un robot faiseur de pates. Son achat est remboursé endéans les trois mois de salaires que couterait un humain faisant le même travail. Les restaurateurs trouvent qu'il travaille mieux qu'un chef humain, et les clients disent que "les pâtes sont aussi bonnes que si elles étaient faites par un humain".

Bien que le robot ressemble plus à un grand jouet fisher price, je me prends parfois à penser que les questions soulevées par la série vont peut être un jour nous péter à la gueule. En vrai.

Education "freestyle"

Cet homme, Sugata Mitra, a remporté le prix TED de 1 million de dollars pour ses recherches sur l'éducation non intrusive et non formelle.

Une de ces expériences consiste à avoir laissé à des enfants qui ne parlaient pas anglais un ordinateur équipé d'un logiciel de simulation de réplication de l'adn. Après quelques jours, laissés à eux même avec cette machine, ils ont dit quelque chose du genre "On ne parle pas anglais, du coup on n'a pas bien compris ce qui était écrit, mais on a vu que des défaillances de réplications d'adn provoquent des maladies". En quelques jours. Sans méthode formelle, sans connaissance de la langue, sans prof...

Les méthodes d'éducations traditionnelles sont mises rapidement à mal par ce type d'expérimentation. A quand une remise en question des méthodes éducatives?

 

Via http://articles.timesofindia.indiatimes.com/2013-02-27/us-canada-news/37329586_1_prize-money-experiment-pondicherry