Politique

Agorakit after 2 years of work

Two years ago, I started a project management tool for activists. Now is the time to look back at the project and see where we are now.

Agorakit is web-based, open source organization tool for citizens collectives and similar projects. By creating collaborative groups, people can discuss topics, organize events, store files and keep everyone updated as needed. Agorakit is a forum, calendar, file manager, mapping tool and email notifier.

It is being used by several citizen initiative like "Tout autre chose" and "Hart boven Hard" in Belgium and elsewhere.

It is open source (GPL) and in active development. Development happens on Github.

The presentation website is here : https://www.agorakit.org and a demo can be tested on https://demo.agorakit.org

When I look at the features currently supported, I'm quite proud that I kept working on it for such a long time without being disturbed by other projects. I know exactly why it happened : because the project is in use by hundreds of users daily, so I need to make it work, and I need to find ressources to keep it sustainable. I didn't work in a vacuum for two years expecting the release of the perfect tool everyone (read : no one) would use. It's the constant "va-et-vient" between devs and users that makes it a viable proposal (some call it agile developement or eternal beta or you-name-it).

The problems I did try to solve are still very prevalent today among activists and citizen's collectives:

  • Mailing lists sucks : people tend to unsubscribe because they get too many emails or because flamewars starts every week
  • When a new participant want to read the story of a project, with mailing lists, pointing them to the archives is a sure way to discourage them very quickly
  • Some people love facebook, some hate it. Facebook being closed, if you use facebook groups you loose some people and you have no way to recover. Nuff said.
  • There is no really good solution that tackles the simple problem of having a forum, a calendar, a file repository and a member list at the same place and for each group. I know it's crazy but it's the sad truth.
  • You can of course use a mix of slack, goodle calendar, dropbox, mailchimp and some google map. But then :
    • you quickly have to pay (in the case of slack you have to pay to keep history...)
    • you loose privacy since data is hosted and sold by various providers
    • you loose consolidation with your data scattered everywhere
    • you loose control on who sees what / who participates in which group
    • it makes it very hard for non-geek to follow you
    • you definitely loose the oportunity to "send an email to every member" because with facebook groups, you simply don't have this information (and you never will)
    • if your group is politically engaged, you might as well be shut down by some gafa employee somewhere in the world

So yes, all in all, I'm very happy I started this journey. I really hope you will want to join the project. Any help is appreciated.

For the record, here are the current features of Agorakit :

Create groups

  • Create an unlimited amount of groups
  • The group can be open (anyone can join) or private (invite only)
  • The group can have one or more admins
  • Each group has a discussion area, a calendar, a file repository, a member list & map.
  • Only members can use the discussion area, calendar and files
  • Content is public in public groups, and private in private groups (simple security model everyone understands)

Discussions

  • Create discussion topics
  • Reply to topics with comments
  • Mention others in comments using @name (they get notified)
  • Mention files using f: (autocomplete opens)
  • Mention other discussions using d: (autocomplete opens)

Calendar

  • Create events
  • List upcoming events as a list or as a dynamic calendar
  • Show geolocalized events on a map
  • Global and per group calendar
  • iCal feed for each calendar
  • RSS
  • Embed elsewhere using iframes

Files

  • Upload & tag several files at once
  • Quick search among files by author, filename and tags
  • Preview images / download
  • re-tag files
  • Mention files in comments

Members

  • Access a list of members (global / per group)
  • Contact others without leaking your/their email (privacy)
  • Check what others are up to (activity feed)
  • Fill your profile with portrait, bio, address (if you want)

Notifications / emails

  • For each group, choose how often you want to be notified (every hour for the hardcore, everyday to keep your mailbox cool, every week or every month)
  • Auto login to your account from "Reply" links inside the notification emails you receive (great time saving)
  • Get instant notifications when someone mentions you (for urgent matters)

Admin

  • Get stats on everything
  • Mass invite members using their email
  • Mass add existing members to groups
  • Settings control panel (in progress)

Architecture

  • Standard Laravel structured application. If you know Laravel, you can work with Agorakit easily
  • Simple structure, no single page app complexities
  • Bootstrap based UI
  • Simple DB schema
  • Simple file storage scheme (per group, per file id)

Privacy

  • Host it where you want
  • Your data is yours
  • No leakage of emails
  • Geolocalization of users (on a voluntary basis) is randomized by ~100 meters
  • Open source you can study and trust

 

 

 

Ambiance diy* au parc Maximilien

*diy : Do It Yourself, fais le toi même, une expression qui correspond exactement au mode de fonctionnement éphémère du parc.

 

J'hésitais un peu à poster ces photos, mais ma soeur m'ayant demandé d'écrire un petit texte sur ce qui s'est passé au parc Maximilien, je poste le tout ici.

 

Pas facile de parler de l’expérience du parc Maximilien tant la déception a été grande que le démantèlement de celui-ci se fasse aussi rapidement et avec si peu de réflexion (du jour au lendemain l’ensemble du parc a été évacué, et les structures construites ont été détruites par la commune). Mais que cela n’empêche pas d’évoquer la formidable expérience menée pendant plusieurs semaines là-bas.

La première fois que j’y suis allé, j’avais un peur d’être voyeuriste, de ne pas avoir ma place, de découvrir des choses difficiles. C’est régulièrement comme cela que ça se passe : par peur de mal faire, on ne fait rien. On se protège. On se donne des excuses. On se couvre. On veut éviter de voir le malheur des autres. Mais avec un peu de courage on se rend compte que ça vaut le coup de dépasser cela.

Arrivé sur place quelques jours après le début des opérations, j’ai assisté à la naissance d’un véritable petit village autogéré. Une ruche foisonnante de gens de toutes origines et milieu sociaux. Rassemblés autour d’un même objet : rendre un peu moins indigne le sort de familles ayant fui la guerre dans leur pays et devant dorénavant affronter l’administration et ses longues files d’attente. Familles dont le gouvernement a refusé de s’occuper, les plaçant dans une délicate situation de non droit.

Alors les citoyens ont pris le relais. On a monté des tentes, tendu des bâches, préparé à manger, organisé des activités pour enfants, trié des vêtements. Au début c’était un immense bazar à ciel ouvert. Mais petit à petit  le chaos s’est organisé. Chacun apportant des solutions concrètes (et pratiques) aux problèmes rencontrés, au delà des gueguerres politiques, dogmatique et religieuses.

Travailler ensemble autour d’un objet concret est la meilleure manière -d’après moi- d’avancer ensemble et d’éviter une bonne part des écueils qui sont les lots de ce genre d’entreprise humaine. Et ça marche. Au plus fort du camp, 800 repas étaient proposés matin, midi et soir pour un nombre identique de logements sous tente, de bien de première nécessité et de vêtements. Un cinéma en plein air a été ouvert, une école de fortune pour les enfants et les adultes proposait des activités diverses, le tout sans discrimination d’origine ou de situation (les sdf, sans papiers, ou tout qui le demandait étant également accepté pour les repas).

Preuve si il en est que quand les citoyens se mettent ensemble, des actions extrêmement puissantes peuvent se mettre en place.

 

De l’influence des choix technologiques sur la vie administrative, et plus généralement, la société.

Quelques concepts informatiques qui peuvent aider dans le quotidien du travail.

On parle régulièrement de remettre de la créativité dans le travail et de la difficulté de responsabiliser les travailleurs. Chacun y met du sien, “il faudrait que tout le monde puisse participer”, “écouter ceux qui sont sur le terrain”, “récolter les expériences”, “simplifier les procédures”, “réduire la lourdeur administrative”, etc...Une question se pose dès lors : si tout le monde (usagers, collègues, directeurs...) trouve que ces concepts relèvent d’une bonne idée, comment éviter que la technologie ne freine leur application?

Je ne parlerai ici que de ce que j’ai déjà pu remarquer dans mon domaine, à savoir les technologies de l’information, internet, l’informatique en général dans le secteur public. Cette analyse cadrée dans le domaine des nouvelles technologies est certainement parcellaire, mais j’ose espérer qu’elle est exemplative d’une manière de fonctionner.

Il me semble important de réfléchir à l’impact que les choix techniques ont sur nos modes de fonctionnement. Et en quoi brider ces outils ou faire des choix techniques peu judicieux va à l’encontre de cette envie de mettre la créativité et la responsabilité au centre du travail. Car d’une part ces outils font partie intégrante du quotidien administratif et que d’autre part la théorie de la communication nous apprend que le canal de communication est intimement lié au message exprimé.

Les technologies de l’information sont depuis quelques années les précurseurs de concepts qui progressivement se distillent dans la vie de tous les jours. Ce qui à un moment donné semble être utopique, révolutionnaire, inconcevable, devient quelques années plus tard la norme. En observant les nouvelles tendances issues du monde technologique, le service public peut gagner du temps, du crédit face aux usagers, et parfois même de l’argent. Les quelques concepts ci-dessous, issus des tendances récentes au niveau informatique, sont mis en parallèle avec le monde du travail.

Service public = open source

Un logiciel libre (ou open source) est un programme dont les méthodes et techniques de conception sont accessibles et modifiables par tous. Il accorde quatre droits fondamentaux aux utilisateurs:

  • le droit de l’utiliser sans restriction d’usage,
  • le droit d’en étudier son fonctionnement grâce à sa recette de fabrication (son code source) disponible,
  • le droit de distribuer à ses proches ou à tout autre personne,
  • le droit de le modifier pour l’adapter à ses propres besoins[1]

Il n’est sans doute pas nécessaire de rappeler l’intérêt et la logique d’utiliser des logiciels libres dans un cadre de service public, d’autant que cet intérêt a été confirmé par la déclaration de politique communautaire[2].

En plus des arguments cités dans ce document, citons les intérêts en terme de simplification des appels d’offre, de pérennité des choix techniques, d’indépendance face aux prestataires.

Transparence de l’administration = Open data

“Une donnée ouverte est une donnée numérique, d'origine publique ou privée, publiée de manière structurée selon une méthodologie qui garantit son libre accès et sa réutilisation par tous, sans restriction technique, juridique ou financière. L'ouverture des données (en anglais open data) représente à la fois un mouvement, une philosophie d'accès à l'information et une pratique de publication de données librement accessibles et exploitables”.[3]

On peut voir aisément l’intérêt d’une telle approche. Mettre en ligne un ensemble de données, librement et sans restriction, rentre directement dans l’idée de fournir un service public plus transparent. Qu’il s’agisse de compte rendus de réunions parlementaires, des chiffres clé de l’enseignement, de la répartition des écoles par arrondissement, des annuaires en tout genre, il y a probablement quelqu’un, quelque part, qui pourra faire un usage novateur de ces données si nous les rendons plus accessibles. Qui sait si un citoyen ingénieux ne proposera pas un jour une méthode de répartition des élèves en fonction des données géographiques et démographiques qui permettrait de rendre le “décret inscription” plus oppérant?

On pourrait sans doute argumenter que des données générées à l’aide de financement publics devraient de facto être publiques. Il en va de même pour la recherche scientifique, mais c’est probablement un autre débat.

Logique participative des bénéficiaires = user generated content (contenu généré par les utilisateurs)

“Le contenu généré par les utilisateurs (en anglais User generated content, ou UGC) se réfère à un ensemble de médias dont le contenu est principalement, soit produit soit directement influencé par les utilisateurs finaux. Il est opposé au contenu traditionnel produit, vendu ou diffusé par les entreprises de média traditionnelles.”[4]

Prendre le “risque” de faire participer les bénéficiaires, est souvent très bénéfique pour une institution. Elle s’ouvre la possibilité de recevoir des usagers du contenu, parfois de qualité, souvent corrigé par les pairs (wikipedia en est un bon exemple) à moindre frais. La question des licences a été réglée depuis longtemps dans le cadre des logiciels libres, et ces licences sont désormais adaptées à un usage plus large.

Logique participative des employés = crowd sourcing internalisé

Le crowdsourcing (en français collaborat1 ou externalisation ouverte2), un des domaines émergents de la gestion des connaissances, est l'utilisation de la créativité, de l'intelligence et du savoir-faire d'un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.[5]

Extension du principe précédent, les principes de crowdsourcing pourraient tout à fait être appliqués au travail en interne. Combien de fois un service ne lance-t-il pas une initiative intéressante, pour se rendre compte plus tard qu’un autre service a déjà mis en place une autre solution qui fonctionne? En fédérant les idées, en rendant celles-ci disponibles sur la toile, un projet pourra être commenté, amélioré, réutilisé par d’autres services, et pourquoi pas, par d’autres administrations.

Un exemple concret : mise en place d’une photothèque

Admettons que plusieurs services veuillent partager des sources photographiques afin d’illustrer leurs sites web, leurs brochures, etc.

Si ce cas de figure se présente régulièrement, et afin de pérenniser le matériel photographique fourni par les différents services, il serait intéressant de mettre à disposition une photothèque au sein d'un groupe de travail.

  • afin de limiter les coûts et risque d’implantation, une solution open source pourrait être envisagée. Le choix de l’open source pourrait même être un impératif si on est d’accord avec l’idée que cette collection de photos doit pouvoir être exploitable librement par le groupe de travail sans dépendre d’un fournisseur de solution logicielle.
  • au niveau des droits d’accès : liberté à chacun d’alimenter la photothèque avec des photos (issues des activités du service ou autre, par exemple issues d’une pratique personnelle). On garde la trace de qui fait quoi sur le système. Les utilisateurs s’engagent à respecter les règles du jeu (entre autre : avoir les droits des images, et le respect du droit à l’image des personnes représentées)
  • liberté à tout service d’utiliser ces photos sans devoir rendre des comptes, vu que l’usage rentre dans le cadre défini du travail.

On voit avec cet exemple l’importance de proposer un système le plus ouvert possible si on veut encourager la créativité des emplyés et des services. On peut également en déduire que ce type de fonctionnement permettrait de responsabiliser les utilisateurs.

Conclusion

Le choix des outils a une influence sur le respect de la notion de service public. Les outils basés sur les concepts d’open source, d’économie contributive, et d’open data sont à privilégier dans bien des situations. Ce ne sera pas obligatoirement plus facile, mais nous sommes là face à une obligation morale voire légale, qu’il serait dommage de ne pas respecter, ne serait-ce qu’au nom de la créativité.

Ces concepts ne sont pas des idées isolées défendues par des hurluberlus. Au mois de mai 2013, 70% des sites internet utilisent un serveur issu de la communauté open source[6].

 

 


[1] Définition fournie par l’April, www.april.org

Wow, j'ai un job à la con

On a pu lire dernièrement quelques article sur les “bullshit jobs” (ou “boulot à la con” en français)

Il s’agit de métiers dont ceux qui les exercent savent pertinemment qu’il ne servent à rien.

Beaucoup de gens semblent s’y retrouver, l’article ayant un certain succès : il a été traduit dans plusieurs langues et est partagé à toute vitesse sur les réseaux sociaux. Ironie du sort, les personnes partageant l’article sur facebook pendant les heures de travail sont les plus à risque d’être dans la catégorie de ceux qui exercent un boulot à la con.

L’article en question parle principalement du monde de l’entreprise. Malheureusement, il semble que cette vague de boulots créés à des fins inutiles contamine aussi les administrations et services publics.

 

Le selor entre en scène

En parallèle, je découvre que le Selor (encore lui) a lancé le site www.jesuiswow.be, site destiné aux fonctionnaires désirant savoir si il sont wow ou pas.

Le fonctionnaire new wow c’est qui? Il s’agit de celui qui pratique la new way of working, la nouvelle façon de travailler.

Je n’ai pas trouvé beaucoup de références sur internet de ce “concept”, à part quelques pages fumeuses et un site qui tente de vendre un livre fumeux lui aussi vantant la méthode.  )

Si on en croit ce jeu, la journée type du fonctionnaire c’est tourner en rond dans un open space, lire des mails, trier des listes par ordre alphabétique, essayer d’augmenter le chiffre d’affaire, faire des réunions marketing, organiser des goûters d’anniversaire, faire des brainstorming, organiser la prochaine activité de teambuilding, faire des propositions pour réduire l’utilisation du papier dans le service, jouer à oxo par chat, et j'en passe...

Ce qui est amusant avec ce jeu, c’est qu’il est auto référentiel puisque probablement les agents du selor, pour calmer leur ennui mortel se sont dit qu’ils allaient (faire) réaliser un petit jeu vidéo parlant de leur job et donc de leur ennui.

Ce qui est nettement moins marrant, c’est de se dire que l’organisme chargé de l’engagement du personnel de service public a une image totalement “bullshit” du travail de fonctionnaire. Ce jeu en est la preuve criante. Celui qui se risque à passer un examen du Selor aura confirmation de ce que l’on attend de lui.

Certaines voix se font entendre pour dénoncer une dérive qui s'opère dans les administrations : elles ne joueraient plus leur rôle de support qu’un service public doit apporter. Support au public (dans ses démarches administratives par exemple), support aux professionnels (création de lien, information, formation, mutualisation des outils et des connaissances), support aux collègues (pour créer ensemble une institution avec ses positions et ses idées).

Mais quand le support ne supporte plus rien, quand ceux qui sont censés aider ne font que rajouter une couche d’abstraction à un shcmilblick déjà compliqué, on entre dans l’ère “bullshit”.

Une ère nauséabonde, remplie de procédures de plus en plus absurdes, de délégation des responsabilités, de réunionite suraigüe, de paperasse électronique (pire encore que le papier car instantanée et sans limite), d'abstraction de la réalité de ceux qui font un travail “utile”, d’un ralentissement sans fin des procédures du à leur complexification et paradoxalement causé par l’accélération des échanges électroniques. Une période où sous-traitance et consultance ont pris la place de la connaissance et de l’engagement.

Finalement celui qui, fonctionnaire ou non, ayant un boulot à la con, et donc ayant du temps à jouer à des jeux sur le temps de boulot, pourra toujours se consoler en se disant qu’il n’est pas le seul.
Ah non, pardon, ce jeu est destiné aux chômeurs qui ont le temps...

 

Actiris se lance dans la télé réalité

Si vous avez la chance d’être inscrit chez Actiris comme demandeur d’emploi, vous avez sans doute reçu le mail reproduit ci-dessous :

 

La RTBF lance un appel à candidature pour sa

nouvelle émission sur l'emploi  :

 

 

 

 

 

Je veux ce

 

 

 

Joooooob!

 

Vous ne cessez de postuler mais les portes se ferment systématiquement ?

Alors ceci est pour vous !

 

Aujourd'hui, envoyer un CV est souvent loin d'être suffisant pour se faire engager. Il faut parfois employer tous les moyens pour intéresser un chef d'entreprise et trouver le travail de ses rêves.

Cette nouvelle émission s’intéressera au destin de deux candidats qui doivent relever un défi de taille pour séduire et convaincre un futur employeur.

Nous recherchons donc avant tout des personnalités : hommes et femmes, de tout âge, dans tous les secteurs d’activité. Ce qui est primordial, c'est la motivation et l'ambition.

Si vous correspondez à ce profil, contactez-nous à l'adresse suivante jvcj@ebuco.be

 

Actiris, au coeur de l'emploi


 

Actiris, aidé par la RTBF et une boite privée, se lance dans la télé-réalité et fait un casting de candidats chômeurs qui cherchent désespérément un emploi.

 

On peut se demander à quel titre Actiris et la RTBF se lancent dans une telle entreprise. Ou dans quelle mesure cela relève du service public.

Bien entendu, nous ne saurons jamais qui a été à l’initiative de cette brillante idée. Tout ce que l’on peut dire, en lisant le mail envoyé, c’est que le concept, foireux d’avance, risque de donner un résultat affligeant.

Surtout quand on lit :
Il faut parfois employer tous les moyens pour intéresser un chef d'entreprise et trouver le travail de ses rêves”.
Quels moyens exactement ils ont en tête, et comment cela pourra se traduire à la sauce téléréalité est un exercice laissé au lecteur. Nabila chez Caterpillar? Mario chez Mital? Jean-Pascal à la maison communale?

Ou encore :

Nous recherchons donc avant tout des personnalités : hommes et femmes, de tout âge, dans tous les secteurs d’activité. Ce qui est primordial, c'est la motivation et l'ambition.
Ah, effectivement, hommes et femmes, de tout âge et de tout secteur est une excellente définition de la personnalité. De toute façon, ce qui compte surtout, c’est la motivation et l’ambition. C’est à dire avoir les dents bien longues et bien aiguisées pour se défendre dans l'arène de la recherche d’emploi.

Et enfin : “Cette nouvelle émission s’intéressera au destin de deux candidats”. Ou comment avouer à demi-mots que la recherche d’emploi est dorénavant une affaire de chance, de destin, de hasard en somme.

Quel message fait-on passer avec ce genre de projet? Il y en a plein, et il n’y en a aucun qui me plait :

  • Actiris sort complètement de ses missions en devenant partenaire d’un projet télévisuel qui crée de la confusion en mélangeant réalité et fiction. Passe encore quand il s’agit de faire du karaoké ou de glander dans un loft, mais quand l’enjeu c’est de faire jouer la comédie de la recherche d’emploi dans un contexte complètement bouché, la pilule ne passe pas.
  • Une boite privée arrive à convaincre un service public de jouer avec la précarité des gens dans un climat de recherche d’emploi plus que tendu.
  • Ce même service public semble trouver tout à fait normal d’utiliser sa base de donnée pour faire un mailing qui propose un casting pour participer à une émission télé.
  • Le produit est tellement sous traité que ni la rtbf, ni actiris ne vont se salir les mains à faire le casting, ce sont les employés de la boite privée qui vont s’en charger, ils ont l’habitude.
  • Et enfin, la rengaine habituelle mais néanmoins consternante : la rtbf n’est plus capable (depuis longtemps) de produire elle même des émissions de qualité. Elle sous-traite, avec comme résultat probable des sous-produits.

Alors que le climat est de plus en plus difficile pour les chercheurs d’emploi, qu’Actiris va reprendre les missions de contrôle de l’onem, cette décision de lancer une émission de téléréalité est particulièrement de mauvais goût.

 

Updates :

http://annelowenthal.wordpress.com/2013/06/30/decence-2-actiris-la-rtbf-et-le-destin/

http://blog.smartbe.be/actiris-rtbf-je-veux-ce-joooooob/

http://rtbf89.blogspot.be/2013/07/je-veux-ce-joooooob-combat-de-pauvres.html

 

Réfléchir à deux fois avant d'acheter en ligne

Plus de quarante deux-heures de travail, parfois de nuit. Plus de vingt kilomètres parcourus quotidiennement dans les allées. Pressé comme un citron, il n’aura droit qu’à deux pauses de vingt minutes parfaitement encadrées. Il sera fouillé après chaque période de travail. Son rendement sera surveillé grâce à un système de gestion totalement informatisé. Chaque supérieur hiérarchique sait, en temps et en heure, quel article un packeur est en train d’emballer ; quel produit un pickeur est en train de prélever ; dans quelle zone de rayonnage il se trouve ; à quel rythme il travaille ou quels sont ses temps de pause suspects. Il peut ainsi calculer la productivité de son salarié et déduire de ces chiffres de nombreuses informations. Car le but, chez Amazon, c’est de toujours améliorer son rendement. Bienvenue dans le monde du stakhanovisme et du travail à la chaîne.

Ici : http://www.lesinrocks.com/2013/05/02/actualite/un-infiltre-chez-amazon-11390806/

Gérer les lois comme du code source II

Dans un article précédent, j'avais évoqué l'intérêt de gérer les lois comme du code open source, en utilisant des systèmes de gestion de version.

Une vidéo de TED parle du même sujet, en introduisant le système Git (inventé par Linus Torvald). Une belle manière de mettre en avant les caractéristiques uniques de ce système : distribué et non centralisé. Bon marché. Donnant un accès illimité au contenu code complet. Tenant compte du chaos décisionnel qui est notre lot quotidien d'humains.

C'est ici que cela se passe et si vous êtes ne serait-ce qu'un peu là dedans, ça vaut la peine comme introduction au sujet :

http://www.ted.com/talks/clay_shirky_how_the_internet_will_one_day_transform_government.html